Merci pour le lien, y part en live c'est du grand, je ne voudrais pas inciter les jeunes staracadémiciens a se foutrent la tète a l'envers. mais quand même, y a un moment ou il faut se lâcher....
Un extrait d'interview de Mr Haneke, palme d'or 2009, paru dans MadMovies n°111 (1998?):
Pensez-vous que le spectateur porte la responsabilité du spectacle qu’on lui propose ? Il n’en est pas l’auteur, après tout...
Naturellement. Si les spectateurs ne manifestaient pas le désir de voir des films violents, il n’y en aurait pas sur les écrans. Quelque chose de très ambigu, les deux faces d’une même médaille. C’est le principe de la poule et de l'œuf : qui était là le premier ? Sans cette collaboration active, les films d’horreur ou d’action violente ne fonctionneraient pas. Regardez Apocalypse Now par exemple. Vous êtes là, dans l’hélicoptère, à tirer sur les Vietnamiens aux côtés de l’équipage. Au son de la musique de Wagner. Quel grand sentiment ! Vous n’êtes cependant pas obligé d’avoir mauvaise conscience malgré la jouissance. Je ne veux pas jouer les donneurs de leçon, lever et secouer le doigt comme un instituteur qui réprimande un mauvais élève, mais il est aujourd’hui nécessaire que quelqu’un rende de temps en temps compte de la responsabilité du spectateur. Je sais, mon combat, c’est un peu celui de David contre Goliath. Les questions que je pose, il faut bien que quelqu’un les soulève. Surtout dans la société où nous vivons.
Qui condamnez-vous exactement ? La société, le cinéma violent, les spectateurs qui s’y ruent ?
Je ne condamne personne. Je n’en ai pas le droit. Je travaille simplement à la reconnaissance des choses par les gens, la société. Parfois, on répond à mon film par cette question : " Ne croyez-vous pas que c’est un désir très profond de l’homme d’assister au spectacle de la violence ? ". Evident que ce désir de regarder la douleur existe. Les choses ne sont cependant pas aujourd’hui ce qu’elles étaient du temps de la Rome Antique avec les combats de gladiateurs, au Moyen-âge avec ces criminels que l’on tuait, mutilait sur la place publique. Il s’agissait d’une mort présente, immédiatement perçue comme telle. A l’image, à l’heure actuelle, des corridas, du voyeurisme des automobilistes qui ralentissent pour contempler un accident de la route. Rien à voir avec la violence quotidienne des médias, de la télévision qui s’oppose à l’aura de l’unique, c’est-à-dire au caractère exceptionnel des jeux du cirque, des exécutions sur la place du village. A longueur de journées, la télévision présente des images violentes, parle de mort et de catastrophes dans une dimension nettement plus grande qu’elle ne l’est dans notre quotidien, nos expériences personnelles. Très peu d’entre nous ont réellement souffert de la violence. Vraiment très peu. Pourtant, la télévision donne l’impression contraire. C’est ainsi que les médias vident notre existence de toute réalité. Le vrai danger, c’est que quelques jeunes gens reproduisent cette violence, " pour voir ce que ça fait " comme ils disent.
Les exemples que vous citez demeurent tout de même des exceptions. On ne peut pas généraliser la pratique de cette violence...
Après avoir tourné Funny Games, j’ai lu dans un grand hebdomadaire allemand le cas de cet étudiant très intelligent. Lui et un ami légèrement plus jeune ont choisi un homme dans la rue, un parfait inconnu. Ils l’ont torturé, tué, juste pour " rire ", de manière si atroce que Funny Games ressemble par comparaison à Bambi. En prison, ce jeune homme a écrit un essai pour expliquer qu’il avait pris plaisir à son acte, qu’il en avait le droit parce que sa victime n’était qu’un nul. Il serait trop facile de prétendre que ce tueur est un nazi. Son cas va beaucoup plus loin. Il symbolise une nouvelle manière de regarder la vie. Une conception de l’existence : celle des individus qui pensent que d’autres ne sont que des objets dont on peut se servir. Des objets pour leur plaisir. Bien sûr, c’est un cas extrême mais il aurait actuellement tendance à faire des émules. Ce mode de pensée se répand de plus en plus dans la société.
Un peu facile...
Si on ne propose pas de tels films il sera impossible d'aller les voir, point.
Et pourquoi de tels films sont proposés?
1°) des réalisateurs qui font leur propre thérapie
2°) faire du fric
C'est vrai que Coppola était bien barré à cette époque, entre mégalomanie et défonce, le film a failli sombrer corps et âmes.
C'est un film qui fait réflechir sur l'horreur de la guerre qui prend sa source dans la soumission des hommes à leur propre folie intérieure.
Film du siècle pour moi ! Et je parle pas de la musique ;)
http://www.youtube.com/watch?v=nEM8uddxZ0U&feature=PlayList&p=B3E913E86690ED94&index=5
Pensez-vous que le spectateur porte la responsabilité du spectacle qu’on lui propose ? Il n’en est pas l’auteur, après tout...
Naturellement. Si les spectateurs ne manifestaient pas le désir de voir des films violents, il n’y en aurait pas sur les écrans. Quelque chose de très ambigu, les deux faces d’une même médaille. C’est le principe de la poule et de l'œuf : qui était là le premier ? Sans cette collaboration active, les films d’horreur ou d’action violente ne fonctionneraient pas. Regardez Apocalypse Now par exemple. Vous êtes là, dans l’hélicoptère, à tirer sur les Vietnamiens aux côtés de l’équipage. Au son de la musique de Wagner. Quel grand sentiment ! Vous n’êtes cependant pas obligé d’avoir mauvaise conscience malgré la jouissance. Je ne veux pas jouer les donneurs de leçon, lever et secouer le doigt comme un instituteur qui réprimande un mauvais élève, mais il est aujourd’hui nécessaire que quelqu’un rende de temps en temps compte de la responsabilité du spectateur. Je sais, mon combat, c’est un peu celui de David contre Goliath. Les questions que je pose, il faut bien que quelqu’un les soulève. Surtout dans la société où nous vivons.
Qui condamnez-vous exactement ? La société, le cinéma violent, les spectateurs qui s’y ruent ?
Je ne condamne personne. Je n’en ai pas le droit. Je travaille simplement à la reconnaissance des choses par les gens, la société. Parfois, on répond à mon film par cette question : " Ne croyez-vous pas que c’est un désir très profond de l’homme d’assister au spectacle de la violence ? ". Evident que ce désir de regarder la douleur existe. Les choses ne sont cependant pas aujourd’hui ce qu’elles étaient du temps de la Rome Antique avec les combats de gladiateurs, au Moyen-âge avec ces criminels que l’on tuait, mutilait sur la place publique. Il s’agissait d’une mort présente, immédiatement perçue comme telle. A l’image, à l’heure actuelle, des corridas, du voyeurisme des automobilistes qui ralentissent pour contempler un accident de la route. Rien à voir avec la violence quotidienne des médias, de la télévision qui s’oppose à l’aura de l’unique, c’est-à-dire au caractère exceptionnel des jeux du cirque, des exécutions sur la place du village. A longueur de journées, la télévision présente des images violentes, parle de mort et de catastrophes dans une dimension nettement plus grande qu’elle ne l’est dans notre quotidien, nos expériences personnelles. Très peu d’entre nous ont réellement souffert de la violence. Vraiment très peu. Pourtant, la télévision donne l’impression contraire. C’est ainsi que les médias vident notre existence de toute réalité. Le vrai danger, c’est que quelques jeunes gens reproduisent cette violence, " pour voir ce que ça fait " comme ils disent.
Les exemples que vous citez demeurent tout de même des exceptions. On ne peut pas généraliser la pratique de cette violence...
Après avoir tourné Funny Games, j’ai lu dans un grand hebdomadaire allemand le cas de cet étudiant très intelligent. Lui et un ami légèrement plus jeune ont choisi un homme dans la rue, un parfait inconnu. Ils l’ont torturé, tué, juste pour " rire ", de manière si atroce que Funny Games ressemble par comparaison à Bambi. En prison, ce jeune homme a écrit un essai pour expliquer qu’il avait pris plaisir à son acte, qu’il en avait le droit parce que sa victime n’était qu’un nul. Il serait trop facile de prétendre que ce tueur est un nazi. Son cas va beaucoup plus loin. Il symbolise une nouvelle manière de regarder la vie. Une conception de l’existence : celle des individus qui pensent que d’autres ne sont que des objets dont on peut se servir. Des objets pour leur plaisir. Bien sûr, c’est un cas extrême mais il aurait actuellement tendance à faire des émules. Ce mode de pensée se répand de plus en plus dans la société.
http://www.mad-movies.com/mad/
pour les fans
http://www.horreur-web.com/behindthemask.html
http://www.horreur.net/
merci
Si on ne propose pas de tels films il sera impossible d'aller les voir, point.
Et pourquoi de tels films sont proposés?
1°) des réalisateurs qui font leur propre thérapie
2°) faire du fric
C'est un film qui fait réflechir sur l'horreur de la guerre qui prend sa source dans la soumission des hommes à leur propre folie intérieure.
Film du siècle pour moi ! Et je parle pas de la musique ;)